mardi 13 janvier 2026

France-Mexique : 2026 le programme du bicentenaire se confirme

Deux siècles après l'établissement de leurs relations diplomatiques, la France et le Mexique lancent le "Nouveau Chapitre" de leur collaboration. Peu à peu la programmation de cette année se dévoile, la confirmation d'événement populaire comme la "Grande Dictée" seront au cœur de ce projet. L'année 2026 marque un tournant historique pour le réseau culturel des Alliances Françaises. 

 À la suite de la visite d'État du Président français en novembre dernier, le calendrier officiel du Bicentenaire des relations diplomatiques franco-mexicaines (1826-2026) se précise. Ce partenariat stratégique, renforcé par la signature de nouveaux accords entre l'Élysée et le Palais National mexicain, place la culture et la langue française au centre des célébrations nationales. 



Crédit photo : Ambassade de France au Mexique / Service de presse de la Présidence de la République


Institutions de prestige et « Grande Dictée » 

Le réseau des 32 Alliances Françaises du Mexique s'apprête à accueillir des acteurs majeurs de la scène française. Le gouvernement a officiellement annoncé l'implication du Centre national du cinéma (CNC), de la Comédie-Française, ainsi que du Musée du Quai Branly pour des événements conjoints tout au long de l'année. Sur le plan pédagogique, la « Grande Dictée du Bicentenaire » constitue l'action phare destinée au grand public. Organisée à l'échelle nationale par la Fédération des Alliances Françaises, cette épreuve orthographique géante sera l'occasion de valoriser la francophonie à travers des textes célébrant l'histoire partagée des deux pays. En parallèle, le Tour de Cine Francés fêtera sa 30e édition en 2026 avec une programmation spéciale dédiée à la coproduction franco-mexicaine. 


Un calendrier dense entre économie et éducation 

Au-delà de l'aspect culturel, le Bicentenaire se décline sur plusieurs axes. Tout d'abord l'initiative « Tu Maestria en Francia » (février 2026) et les Assises franco-mexicaines de l'Enseignement supérieur renforceront la mobilité étudiante. Il y aura aussi un workshop majeur intitulé « France-Mexique 2026 », piloté par Atout France, se tiendra à Mexico et Monterrey en novembre 2026 pour sceller deux siècles d'échanges commerciaux.

                                                        Crédit : Atout France / France.fr (Droits réservés) 


Ce dispositif global, soutenu par l'Institut Français d'Amérique Latine (IFAL), vise à moderniser l'image de la France au Mexique tout en consolidant un réseau de proximité unique au monde. Cette synergie entre éducation, économie et culture promet de faire de 2026 une année charnière pour l'amitié franco-mexicaine.
                                                                                                                                   
                                           

                                                                                                                   Amaelle Lesgoirres 

Pour suivre l'actualités des projets :

samedi 10 janvier 2026

Séisme géopolitique : Nicolas Maduro exfiltré

Il y a quelques jours, Donald Trump s’en est pris au président du Venezuela. Le gouvernement américain a organisé une opération massive pour la capture de Nicolás Maduro. Alors qu'il était à la tête du pays depuis 2013, sa capture et son arrestation par les États-Unis ont mis fin à sa présidence le 3 janvier 2026. Cette opération a été menée par les forces spéciales dans le plus grand secret.

crédit : franceinfo

Cette intervention interroge sur les violations du droit international, car le président Trump a agi de son propre chef. La justification principale de cette action est la lutte contre le narco-terrorisme : Washington l’accuse d’avoir transformé le Venezuela en une plaque tournante du trafic de cocaïne vers les États-Unis. Le but de cette arrestation est donc de le faire comparaître devant un tribunal à New York afin de répondre de ces crimes. Juridiquement, cette opération pose un problème majeur : elle s'est faite sans aucun mandat de l'ONU ni accord du Conseil de sécurité. Les États-Unis imposent ici leur propre justice nationale au-dessus des lois internationales, ce qui crée un précédent inquiétant pour n'importe quel dirigeant en poste.

À l’heure actuelle, le Venezuela traverse une grande crise économique, ce qui sert d’argument au président Trump pour affirmer qu’il libère le peuple. De plus, les élections de 2024 restent fortement contestées par la communauté internationale, ce qui a servi de déclencheur moral à l’intervention. Toutefois, même si des justifications juridiques ont été apportées, la question des ressources, et plus précisément du pétrole, reste centrale. Trump a explicitement mentionné son intention d'autoriser les compagnies pétrolières américaines à retourner au Venezuela pour exploiter les plus grandes réserves de pétrole au monde.

Cette opération est extrêmement controversée. Si une partie de l’opposition vénézuélienne a célébré l’événement, de nombreux pays comme la Chine, la Russie ou encore la Colombie, ainsi que l'ONU, ont dénoncé une violation flagrante du droit international et de la souveraineté nationale. Le pays est aujourd'hui un territoire sans président, dont le destin se joue désormais entre les mains de la justice américaine et des marchés boursiers de l'énergie.


                                                                                                              Amaelle Lesgoirres


                                                                                                       
Pour suivre l'actualité : 
                                                                                                             

jeudi 8 janvier 2026

Le soutien associatif dans l’accueil des migrants et demandeurs d’asile en France : cas de Bordeaux Métropole

Le 27 juillet 2017, le président de la République Emmanuel Macron s’est engagé, lors de son discours à Orléans sur le thème des migrants, à simplifier les procédures de demandeurs d’asile et à travailler à un accueil des personnes arrivant sur le sol français, mais en restant intransigeant sur la question des migrants économiques. C’était l’occasion pour lui de revenir sur les grandes lignes du « plan migrant » du gouvernement, présenté le 12 juillet 2017 par le premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, sur la création de 7 500 places d’hébergement en plus pour les demandeurs d’asile et 5 000 places pour des réfugiés d’ici 2019. Selon le journal Le Figaro, publié le 3 janvier 2026, la France demeure en Europe l’une des destinations les plus prisées de la migration internationale. Elle avait accueilli en 2025 environ 150 000 demandeurs d’asile (145 000 à la mi-décembre), soit quasiment autant qu’en 2024, où les 153 000 demandeurs enregistrés signaient un record.

Le déboutés du droit d’asile (ceux qui se voient refuser une protection internationale et dont la proportion varie de 60 à 70% des demandeurs, selon les années) sont des dizaines de milliers à s’enraciner, au fil des ans, sur le territoire national, l’essentiel d’entre eux ne repartant pas vers les pays d’origine. À titre de rappel, en 2016, la France a constitué « un record avec près de 100 000 demandes d’asile » dont « 36 500 personnes ont été protégées au nom du droit d’asile ». À ce jour, ce chiffre ne cesse d’augmenter.

                                                                                                                     SAMEER AL-DOUMY / AFP

Depuis le début de la crise migratoire en 2015, ils sont au moins 300 000 à 400 000 migrants qui sont restés sur le territoire français, alors qu’ils avaient vocation à rentrer chez eux, après être déboutés.

Dans le cadre de ma formation, j’ai souhaité réaliser un stage dans un organisme répondant à ces enjeux (accueil des migrants et demandeurs d’asile) pour participer au développement des projets d’accueil dans un contexte d’intégration et de partenariats tant locaux, nationaux qu’internationaux, afin de me positionner professionnellement au métier de coordinateur des projets. C’est à ce titre que j’ai été amené à effectuer un stage de deux mois au sein du Diaconat de Bordeaux.

Diaconat de Bordeaux

Le Diaconat de Bordeaux est une association (loi 1901), d’origine protestante créée en 1805 par l’église réformée de Bordeaux, aujourd’hui appelée « l’église protestante unie de Bordeaux » et reconnue d’utilité publique par décret du 24 juillet 1906. L'association a pour objet la lutte contre l’exclusion sociale en proposant aux personnes un accompagnement de la rue au logement. Son objectif vise à renforcer, à accélérer et à sécuriser le parcours d’insertion par le logement, tout en ayant pour mission principale de venir en aide et soutien, sans distinction de religion, d’origine, d’idéologie ou de nationalité, aux personnes ou groupes de personnes en difficulté. Véritable laboratoire d’idées, de projets et de stratégies de mise en application des politiques publiques d’accueil des migrants et demandeurs d’asile dans le cadre de conventions signées avec l’État ou les collectivités locales, l’association assure régulièrement des missions de service d’intérêt général dans le domaine de l’accompagnement social, de l’hébergement et du logement. L’une de ses missions fondamentales reste l’insertion par le Logement.

Activités menées en stage

Pendant mon stage, ma mission s’est essentiellement focalisée sur le Service Accueil Social et le Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA). Il s’agissait d’apporter un appui aux chefs des projets dans la conception et dans la mise en place des projets sur des ateliers d’animation. En ce sens, ma mission principale s’est orientée vers la conception de deux projets destinés à développer les actions du CADA de Diaconat de Bordeaux, notamment les ateliers d’animation sur l’intégration à la société française (apprentissage de la langue française) et ceux de valorisation des talents des migrants et demandeurs d’asile sur Bordeaux Métropole. La question des conditions d’accessibilité à l’offre de service et de prise en charge des migrants au sein de l’association a également fait l’objet d’agenda, suivie de deux autres projets proposés, pouvant développer et améliorer les actions du Service Accueil Social de l’association sur l’accueil du public, en particulier, les migrants. Les actions proposées dans ce dernier cas ont fait l’objet de ma mission secondaire, traduite en deux types d’ateliers, notamment les ateliers sur le logement et sur l’emploi.

Ce faisant, j’ai essayé de comprendre comment, par leurs pratiques, le Service Accueil Social et le CADA du Diaconat de Bordeaux facilitent l’accueil et la prise en charge, en coopération avec les autorités locales, des personnes migrantes et des demandeurs d’asile, avec un accompagnement personnalisé et peuvent favoriser le développement d’actions dans les lieux d’appartenance, d’intégration et d’insertion sociale en les aidant à devenir autonomes. Il convient de souligner que l’accès à un CADA dépend d'une orientation décidée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). 

Une fois la demande d'asile enregistrée auprès d'une structure de premier accueil des demandeurs d'asile (SPADA), puis en préfecture au guichet unique, l'OFII évalue la situation de la personne pour déterminer si un hébergement peut être proposé. En cas d'une suite favorable, la personne est hébergée au CADA dont le séjour peut aller de 6 mois à 2 ans. Les différentes missions réalisées pendant mon stage m’ont permis de confirmer ces jeux d’alliance entre acteurs (l’État, les collectivités locales et l'association Diaconat de Bordeaux), qui interfèrent localement dans la définition et l’application de politique d'accueil des migrants et demandeurs d'asile.

À l’évidence, force est de constater qu'aujourd’hui, l’État n’est plus le seul acteur, pris individuellement, dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques d’accueil de cette catégorie des personnes. Les fonctions stratégiques de cette politique sont actuellement décentralisées, déléguées et contractualisées entre les services déconcentrés de l’État et les associations. Le milieu associatif est donc devenu « l’instrument de la solidarité organisée par l’État » (Brino Rebelle, Fabienne Swiatly, Paris, 1999, p. 40.). C’est dans ce sens que l’on peut comprendre les différentes conventions signées entre le Diaconat de Bordeaux et l’État ou les collectivités locales, agissant ensemble dans la construction et l’application des politiques publiques pour l’accueil des migrants et demandeurs d’asile. C’est à partir d’ici que le Diaconat de Bordeaux intervient, depuis l’ouverture de son CADA en mai 2016, comme une courroie de transmission dans l’application de ces politiques publiques, en coopération avec l’État ou les collectivités locales et d’autres acteurs locaux. 

 

                                                                                           António LUEMBA


Bibliographie 


Brino Rebelle, Fabienne Swiatly, Libres associations. Ambitions et limites du modèle associatifs, Paris, 1999, p. 40.

Pascal Brice, « Le droit d’asile doit être dissocié de la politique migratoire », l’opinion, Paris, 12 juillet 2017, p. 2.

Pour plus de détails : 


https://www.lefigaro.fr/actualite-france/les-demandeurs-d-asile-toujours-aussi-attires-par-la-france-20260102

Pays : France

Ville : Bordeaux Métropole 

mardi 6 janvier 2026

Soudan, le génocide que le monde a décidé d'ignorer

Alors que l’actualité internationale est saturée par d’autres crises, un drame d’une ampleur historique se joue dans l’indifférence presque totale au Soudan. Le 27 octobre dernier, la ville d’El-Facher, dernier rempart de la région du Darfour, est tombée. En seulement trois jours, plus de 3 000 civils ont perdu la vie. Ce n'est pas seulement une guerre pour le pouvoir, c'est un massacre organisé où la faim et l'isolement sont utilisés comme des armes.

Crédits : © WFP/Hugh Rutherford

La famine comme stratégie de guerre

Pour comprendre ce qu'il se passe à El-Facher, il faut imaginer une ville totalement coupée du monde. Pendant plus d'un an et demi, les forces paramilitaires (les FSR) ont encerclé la cité, empêchant l'arrivée de toute aide humanitaire. Dans ce contexte, manger devient un acte de résistance.

Face à cet abandon, la solidarité n’est pas venue de l’extérieur, mais des habitants eux-mêmes. Des citoyens ordinaires ont créé des « salles d’urgence » et des cantines solidaires pour partager le peu de ressources restantes. Ces réseaux de bénévoles sont aujourd'hui les seuls à maintenir un semblant d’humanité là où les grandes organisations ne peuvent plus accéder. Malheureusement, sans soutien international, ces initiatives locales s'épuisent face à une violence qui ne faiblit pas.

Le poids de l'or

Pourquoi un tel acharnement sur ce pays ? La réponse se trouve sous la terre. Le Soudan est l'un des plus grands producteurs d'or au monde. Mais au lieu de profiter à la population, cette richesse est devenue une malédiction.

Le conflit est alimenté par des puissances étrangères qui soutiennent les milices en échange d'un accès privilégié aux mines. Ce sont ces financements qui permettent d'acheter des armes et de payer des mercenaires. Derrière les discours officiels, c'est donc une véritable guerre économique qui se joue, où le contrôle des ressources naturelles passe avant la survie des populations civiles.


Sortir de l’indifférence

Le plus grand défi pour le Soudan reste son invisibilité. On entend souvent que la situation est « trop complexe » pour être comprise, ou que la violence est une fatalité dans cette région. C'est un piège. La situation est au contraire très claire : des civils sont massacrés pour le contrôle de richesses qui finissent parfois sur les marchés mondiaux.

Briser le silence est la première étape de l'aide. Relayer les témoignages qui nous parviennent et soutenir les médias indépendants qui documentent ces crimes est aujourd'hui essentiel. Le sort des populations au Soudan mérite la même attention que n’importe quelle autre crise mondiale. La solidarité commence simplement par le refus de l'oubli.


Shanice Marester



Pour aller plus loin: 

Simuler la catastrophe pour mieux intervenir : immersion avec Pompiers Solidaires à Libourne

Le samedi 20 septembre dernier, la ville de Libourne a pris des airs de zone de catastrophe. Sous l’œil attentif de mentors de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’association Pompiers Solidaires organisait un exercice grandeur nature. L’enjeu ? Obtenir l’agrément EMT 1 (Emergency Medical Team) d’ici 2027, un label de qualité encore rare en France qui certifie la capacité d’une organisation à intervenir en totale autonomie lors de crises sanitaires mondiales.


Crédit photo : Pompiers Solidaires – bénévole


Le scénario choisi pour cette épreuve ne laissait aucune place à l’improvisation : un tremblement de terre dévastateur ayant entraîné un afflux massif de victimes et une rupture totale de l’accès à l’eau potable. Pour rendre la situation la plus crédible possible, une vingtaine d’élèves infirmiers de l’IFSI de Libourne ont joué le rôle des blessés, obligeant les équipes à gérer le stress et l’urgence du triage médical.

Au total, ce sont vingt-deux adhérents venus de toute la France (Bretagne, Occitanie, Gironde, Landes et Pyrénées-Atlantiques) qui se sont mobilisés. Cette coordination inter-régionale a permis de tester non seulement les compétences techniques, mais aussi la cohésion de nos équipes dans un contexte de crise simulée.

Crédit photo : Pompiers Solidaires – bénévole

L’un des points forts de cet exercice a été la mise en place de l'unité WASH (Water, Sanitation and Hygiene). La capacité de potabilisation de l'eau a été jugée excellente par les observateurs de l’OMS, confirmant que la logistique est bien le socle indispensable à toute intervention médicale. Parallèlement, l’association Actions Santé Femmes (ASF) était présente pour assurer la prise en charge spécifique des femmes et des enfants, grâce à une équipe de gynécologues-obstétriciens et de sages-femmes.


Crédit photo : Pompiers Solidaires – bénévole

Si l'essentiel du dispositif a été validé par les experts indépendants, cet exercice a aussi servi à identifier la marge de progression. La fluidité de la prise en charge a été saluée, même si des ajustements matériels et une meilleure optimisation de l'organisation de l'espace restent à affiner.

Obtenir cet agrément permettrait à Pompiers Solidaires de changer d'envergure. En garantissant une autonomie complète, tant sur le plan logistique que médical, l'association renforce son rôle d'acteur de premier plan pour répondre aux sollicitations des organismes humanitaires internationaux. Pour nous tous, cette immersion montre que la solidarité ne s’improvise pas : elle se structure, se teste et s’évalue.

        Crédit photo : Pompiers Solidaires – bénévole

Shanice Marester


samedi 3 janvier 2026

L’apport des ONGs à l’éducation des enfants de la rue : cas de la ville de Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC)

La situation actuelle de la guerre à Goma, une ville de l’Est de la République Démocratique du Congo, appelle à une intervention rapide de la Communauté internationale, des organisations internationales non gouvernementales et des associations françaises. Ce conflit dure depuis une trentaine d’années, sur fond de rivalités ethniques et de pillage des ressources minières. Plusieurs enfants sont devenus orphelins de père et de mère, victimes de cette guerre civile. Certains se sont déplacés vers Kinshasa, la capitale du pays, pour y trouver refuge sans ressources financières, ni logement, aucun soutien psychologique, éducatif et social. Par conséquent, ces enfants se retrouvent dans la rue, rejoignant d’autres enfants déjà en situation de rue dans la ville de Kinshasa. Cette phase d’incertitude est éprouvante et difficile à gérer pour l’enfant. L’angoisse s’installe. La souffrance de la rue se ressent. Cet arrachement aux siens, à sa ville ou à son village d’origine, à son environnement quotidien précédent, ainsi que les traumatismes vécus provoquent parfois des troubles psychologiques. La vie perd tout son sens. Or bon nombre de ces enfants présentent une forme d’intelligence dont on ne peut douter (Salmon Marchat, 2004 et Azia Dimbu, 2013).

Cette situation atroce et alarmante doit faire l’objet d’une attention particulière et d’un concours humanitaire non seulement du gouvernement local, mais aussi et surtout des associations et des organisations non gouvernementales internationales oeuvrant en ce sens. Plus d’un million d’enfants sont actuellement en situation de rue, hors système éducatif sur cet ancrage territorial. Un cris d’alarme et d’appel est donc lancé aux organisations d’aides humanitaires, en particulier, les associations et les organisations non gouvernementales internationales.

La question à se poser est celle de savoir quelle est la place des enfants de la rue dans l’éducation nationale et locale en RDC. La réponse à ce questionnement est mal aisée dans la mesure où l’État congolais ne dispose, à l’heure actuelle, d’aucun projet gouvernemental ni d’une structure dotée des moyens et de la légitimité institutionnelle au profit de l’éducation des enfants de la rue, communément appelés les « Shégués » dans la ville de Kinshasa.

                                 

                                                                          BBC AFRIQUE.com           

Le nombre des enfants vivant dans des conditions précaires a doublé au cours de la dernière décennie, entre autres, à cause de la guerre civile. La survie de ces enfants dépend de leur capacité à trouver du travail et de nombreux enfants rôdent autour des marchés, à la recherche d’emplois de fortune, pour subsister.

                         

                                                       ©Radio France - Paul Lorgerie

Pour essayer de combler le vide d'absence d’un projet gouvernemental et d’une structure de l’État au profit de l’éducation des enfants de la rue, certains acteurs locaux (par exemple la société civile : des associations, des églises locales, etc…) font parfois recours à des organisations non gouvernementales internationales parmi lesquelles figure l’ONG World Vision International. 


Présentation de l'ONG World Vision International intervenant en RDC au profit des enfants


World Vision International est la première ONG au monde dédiée à soulager la souffrance des enfants. Fondée en 1950 par Robert Bob Pierce, un pasteur évangéliste américain alors missionnaire en Chine, cette organisation humanitaire internationale est la première ONG chrétienne de parrainage des enfants. Son siège est basé en Californie, aux Etats-unis. Elle a 75 ans d’expérience humanitaire et intervient, avec ses partenaires, dans plus de 100 pays au monde, représentant 35 000 membres. En 2023, plus de 15, 2 millions d’enfants ont été aidés grâce au parrainage. Trois axes sont au cœur de son action :
- des projets de développement durable (s’articulant autour du programme de parrainage d’enfants)
- une aide humanitaire d’urgence et de reconstruction
des campagnes de sensibilisation (appelées campagnes de plaidoyer)


Le parrainage, levier de transformation

 
Plusieurs obstacles entravent la survie et l’épanouissement des enfants. Pour pallier ce problème, l’ONG World Vision International dédiée à l’enfance agit au quotidien pour garantir un meilleur avenir aux enfants les plus vulnérables. Grâce à ses programmes de développement et au soutien des donateurs, World Vision transforme la vie de millions d’enfants en leur offrant un accès à l’éducation, aux soins de santé et à un environnement confortable. 

Aujourd’hui, cette ONG travaille dans plusieurs pays et possède des agences nationales dans 29 pays. L’originalité de son fonctionnement réside dans le fait que chaque agence nationale est autonome et indépendante. Par ailleurs, l’organisation possède un statut consultatif auprès de l’ECOSOC, de l’UNICEF, du HCR, de l’OMS et de l’OIT. Elle collabore officiellement avec le programme alimentaire mondial (PAM) et fait partie de plusieurs organismes internationaux comme la Convention des Droits de l’Enfant.


Intervention en République Démocratique du Congo


World Vision International est un acteur crucial qui intervient en RDC depuis 1984. Elle a d’abord créé un partenariat avec l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et les églises locales afin de distribuer en urgence de l'aide aux familles vulnérables. Depuis 1998, cette ONG met tout en oeuvre pour apporter une aide durable aux enfants et aux familles les plus précaires. En effet, les conflits internes et externes en RDC se multiplient davantage, les troubles politiques s’aggravent, la crise humanitaire persiste et les populations sont souvent amenées à se déplacer. C’est dans ce contexte que cette ONG intervient dans le pays pour aider les enfants en danger à survivre, à se reconstruire et à bâtir un avenir meilleur. Des millions de personnes ont fui d’une région à une autre ou d’une ville à une autre pour sauver leur vie, abandonnant leurs maisons, leurs familles, leurs moyens de substance et leurs cultures vivrières. Le travail des enfants, l’éducation scolaire, les déplacements, la malnutrition et les catastrophes climatiques menacent l’avenir de la prochaine génération.

L’ancrage territorial choisi interroge la capacité de World Vision International à répondre à des besoins, en complémentarité avec les acteurs du territoire dans l’éducation des enfants de la rue. La gouvernance de cette ONG devra prendre en compte ce besoin d’ancrage sur le plan de l’éducation des enfants de la rue, condition de la pérennité du projet éducatif et du développement de ses activités. L’identification de cet acteur clef, intervenant depuis de décennies en la matière à Kinshasa, constitue un référentiel indispensable.

En conclusion, personne ne doute que chaque enfant de la rue peut avoir un projet de vie et des ambitions nobles, allant jusqu’à prétendre à des fonctions de haute responsabilité. D’où l’importance de leur (les enfants de la rue) faire confiance et de les accompagner, afin que chacun devienne mature et réussisse à se frayer un chemin dans la vie (F. Azia Dumbi et Jean-Baptiste Kakoma N’Dusu, 2018).

                                                                   António LUEMBA 

Bibliographie

Florentina Azia Dumbi et Jean-Baptiste Kakoma N’Dusu, « Enfants de la rue à Kinshasa : être, faire et avoir dans la vie », 2018, n° 6, p. 112.

Florentina Azia Dumbi, « Une étude sur le développement mental des enfants de la rue à Kinhasa », in Enfance et psychologie, 2005, n° 60, p. 184.

Léa Salmon Marchat, Les enfants de la rue à Abidjan, Paris, L’Harmattan, 2004, p. 5.

Pour plus de détails :

https://shs.cairn.info/revue-l-autre-2015-3-page-294?lang=fr&tab=sujets-proches

https://shs.cairn.info/revue-empan-2018-2-page-112?lang=fr

https://www.worldvision.fr/pays/la-rdc/

https://www.wvi.org/fr/stories/congo/rd-congo-world-vision-lance-un-programme-de-developpement

Pays : la République Démocratique du Congo (RDC)

Ville : Kinshasa, la capitale du pays


jeudi 25 décembre 2025

Enseigner, échanger, innover… à l’échelle mondiale !

La première édition des “World Teacher Games” a eu lieu en France et plus précisément à Toulon. Ces jeux se sont déroulés du 3 au 10 mai 2025, réunissant plus de 300 enseignant·es venu·es de 27 pays du monde ! 


Cet événement d’envergure internationale, qui promeut l’éducation physique et le sport, est le plus grand rendez-vous mondial dédié aux enseignants. Organisé par la Fédération Internationale du Sport Scolaire (ISF), cette semaine a été rythmée d’échanges riches, de découvertes culturelles et de sport partagé.



Au programme : des compétitions sportives en équipes mixtes, des ateliers de travail en groupe centrés sur l’innovation pédagogique, l’inclusion et les stratégies pour engager les élèves… Une conférence internationale sur le rôle de l’EPS dans la prévention des grandes problématiques de santé publique chez les jeunes, ainsi que des activités interculturelles favorisant la coopération, le partage de bonnes pratiques entre enseignant·es du monde entier.




Source : ISF Monde


Les World Teacher Games sont placée sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO, et coparrainée par le Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ainsi que par le Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. De plus, 38 différents partenaires ont participé à l’évenement.


L’ANESTAPS, l’association représentant les jeunes dans le champ du sport et de l’animation, était également présente lors de l’évenement pour apporter son expertise et représenter les jeunes engagés dans cette thématique ainsi que les futur·es enseignant·es. 


L’occasion pour l’association de réaffirmer ses convictions : “L’EPS doit être un espace d’inclusion, d’émancipation et de progrès pour toutes et tous. L’innovation pédagogique, l’adaptation aux besoins, l’intégration du parasport ou encore une évaluation basée sur le progrès sont autant de leviers à activer pour transformer durablement notre système éducatif.” (Source : ANESTAPS - Linkedin)


La Fédération Internationale du Sport Scolaire n’a pas encore confirmé la reconduction de l’évenement, mais de nombreux pays sont dores et déjà motivés à l’idée d’accueillir la prochaine édition des World Teacher Games ! 


Laura BRIAND










“Je suis une sale conne” : le mouvement lancé suite aux propos de Brigitte Macron à l’encontre de militantes féministes

La scène s'est déroulée dimanche 7 décembre aux Folies Bergère, avant le spectacle de Ary Abittan. Brigitte Macron a qualifié de “sales connes” les militantes féministes du collectif “Nous Toutes”. 

Ces dernières étaient venues interrompre le spectacle de l’humoriste en scandant "Violeur Abittan”, pour dénoncer sa programmation. Des accusations de viol ont été portées contre lui en 2021 avant d’aboutir à un non-lieu faute d’indices suffisants.

Le média M6 Info a repris la vidéo postée par Public où l’on voit la première dame de France s’adresser de manière privée à Ary Abittan en coulisses : "S’il y a des sales connes, on va les foutre dehors"


Les propos de Brigitte Macron ont rapidement et fortement fait réagir. Sur les réseaux sociaux, actrices, artistes et responsables politiques publient en masse : "Je suis une sale conne" et transforment l'insulte en hashtag militant. Le message de Marion Cotillard, salué par Judith Godrèche, qui lui a souhaité la « bienvenue » en commentaire, ou encore la chanteuse Santa, qui a commenté le message d'un cœur rouge.


Source : Instagram (@marioncotillard)


Niveau chiffres, le hashtag ​​#salesconnes a cumulé 11.4K tweets en 24 heures et près de 4000 posts sur Instagram. Pour #Jesuisunesaleconne, c’est 1000 publications Instagram qui ont été postées sur la plateforme (source : X et Instagram).

Une plainte collective pour « injure publique » a également été engagé au nom de 343 femmes et associations, qui affirment avoir été touchées collectivement et individuellement par ces déclarations. Les personnalités ayant signé expliquent leur désir de faire reconnaître le caractère public et discriminatoire de ces paroles. Elles mettent en évidence que le contexte, une action féministe contre un spectacle controversé, amplifie l'impact politique et social de l'insulte, dépassant ainsi un simple échange privé ou une parole rapportée.

Une façon de rappeler que de 2012 à 2021 en France, 94 % des plaintes pour viol ont été classées sans suite. De plus, il est signalé que 83 % des victimes de violences sexuelles sont des femmes, et ce chiffre grimpe à 91 % lorsqu'il s'agit de violences conjugales (Source : Étude de l'Institut des politiques publiques).

Laura BRIAND








lundi 6 janvier 2025

Le Soudan du Sud : Un exemple de désintégration du système éducatif chez les filles

Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud vit dans l’instabilité. Les conflits armés majoritairement ethniques, plongent le pays dans une crise humanitaire profonde. Migrations massives, famine, et destruction des structures éducatives sont normalisés. Dans cet enfer, les femmes et les jeunes filles prises au piège, sont les victimes d’un cycle de violences sans fin.


Les filles à l’école : une égalité encore inaccessible
Déjà marginalisées dans un système éducatif fragile, les jeunes filles sud-soudanaises voient leur accès à l'éducation encore plus réduit par la guerre. Selon l’UNICEF, plus de 70 % des enfants hors du système scolaire sont des filles. L’éducation déjà inégalitaire en fonction du genre, devient un privilège inaccessible dans les zones rurales et pour les familles obligées de migrer vers des zones moins dangereuses.


Les violences sexuelles : une arme de guerre brutale
Le corps des femmes est devenu un champ de bataille : violences sexuelles, mariages forcés, et exploitation permettent d'instaurer un climat de terreur en instrumentalisant les femmes et les jeunes filles. 

Privées d’éducation et traumatisées par ces violences, les jeunes filles se retrouvent dans une spirale d’exclusion qui les condamne sans perspective de futur. Le Soudan du Sud, où 70 % de la population a moins de 30 ans, risque de perdre une génération entière d'acteurs et de vecteurs d'une réforme ambitieuse pour le pays. 


L'éducation en péril : un enjeu national
Les écoles, déjà rares, sont souvent détruites ou utilisées par les forces armées. Les ressources matérielles et physiques manquent. Les enseignants quittent les zones instables et laissent derrière eux des enfants qui ne disposent pas des outils nécessaires à un apprentissage de qualité. Enfin, les filles sont les premières à devoir rester à la maison pour aider leurs familles, créant une nouvelle fois un écart de traitement avec les garçons, face à l'éducation. 

En réponse à cette urgence humanitaire, des instances internationales et locales tentent de maintenir l’accès à l’éducation pour les filles. Toutefois, sans stabilité politique, ces tentatives restent insuffisantes et vaines.  


Pour aller plus loin : 

https://fr.africanews.com/2016/10/13/soudan-du-sud-l-education-des-filles-un-des-enjeux-du-conflit//#:~:text=Au%20Soudan%20du%20Sud%2C%20beaucoup,sont%20inscrites%20au%20niveau%20primaire.

https://www.lopinion.fr/international/soudan-lonu-denonce-le-calvaire-des-femmes-et-des-filles-depouillees

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/11/14/au-soudan-le-corps-des-femmes-est-devenu-un-champ-de-bataille-le-viol-une-tactique-de-guerre_6393742_3212.html



                                                                                                    LEMRABET Wissam 






Les Petits Champions : Une journée ludique et interculturelle


                                                Crédit photo : Alliance Française de Kuala Lumpur


Le French Festival est une célébration de la culture française et malaisienne, organisé par l'Alliance Française de Kuala Lumpur, en Malaisie. Ce festival regroupe plusieurs activités interculturelles et sportives, dont Les Petits Champions. Ce Workshop inédit rassemble des enfants malaysiens et des enfants réfugiés du Myanmar soutenus par l’ONG : The Peace Education Center  (TPEC). Cet événement ouvert à tous, rassemble les enfants autour du jeu et de l'esprit de coopération et devient une occasion unique de collaboration entre les apprenants de l'Alliance Française et les enfants de l'ONG. 


Une initiative sportive et inclusive 

Crédit photo : Alliance Française de Kuala Lumpur 

Répartis aléatoirement en six équipes, les 60 participants âgés de 7 à 12 ans ont relevé des défis variés mêlant adresse et endurance. Chaque atelier était conçu pour encourager l'entraide et créer une ambiance chaleureuse entre ces enfants le temps d'une journée. 

Les volontaires de l’Alliance Française ont animé les ateliers et accompagné les enfants tout au long de la journée. Après beaucoup d'efforts et de rires, une cérémonie de clôture a permis de symboliser la fin de la compétition et la participation de chaque équipe avec des lots pour tous. Au-delà des récompenses, ce sont les souvenirs et les rencontres entre les enfants qui resteront gravés dans les mémoires.

Une première collaboration prometteuse
Cet événement marque le début d’un nouveau partenariat entre l’Alliance Française et TPEC, une ONG engagée dans l’éducation des enfants réfugiés en attente de régularisation. Ces deux institutions ont les mêmes ambitions : tendre vers une éducation pour tous et de qualité. C'est une opportunité de se rappeler que nous devons aller à la rencontre des autres, partager et échanger afin d'en sortir grandi. Cette action montre l'importance des initiatives culturelles et ludiques pour inclure la jeunesse dans des actions concrètes et bienveillantes. 

Pour aller plus loin : 



                                
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