dimanche 5 janvier 2025

Birmanie : L'école en contexte de guerre

 
                                                                          UNICEF/Sujan
 
En Février 2021, la Birmanie fait face à un coup d'Etat militaire. Le gouvernement d'Aung San Suu Kyi, prix nobel de la paix, semble être tombé pour toujours. La paix est une notion très lointaine pour ce peuple, subissant une guerre civile entre la junte militaire et ses opposants prodémocratiques. 

Comme dans toutes les guerres, les premières victimes sont les enfants et plus particulièrement leur éducation. On estime que la crise politique a fait drastiquement baisser la fréquentations des écoles de plus de 80%. Une ethnie particulièrement persecutée par la junte, les Karen, quittent massivement le pays afin de rejoindre la Thaïlande. Mais qu'en-est-il de ceux qui restent ?

C'est dans ce type de contexte que la solidarité et les initiatives locales ont un impact d'une importance capitale. 

C'est le cas d'Eh Thwa, une femme d'origine Karen, qui vit en Thaïlande tout en restant engagée pour l'éducation des enfants Birmans. Depuis 2001, elle a monté trente trois écoles, accueillant en tout plus de trois mille enfants grâce aux cent quatre vingt professeurs disséminés à travers l'ancien état Karen.

Malgré tout, ces écoles, comme toutes les écoles improvisées que connaît le pays, font face à de nombreux défis. Leur accès y est souvent compliqué, nécessitant des heures de marche dans des conditions difficiles. Nous citerons également le manque de ressources et d'infrastructures, nécessitant toujours plus d'adaptation de la part des professeurs, bien souvent bénévoles. Il existe enfin une réelle difficulté linguistique. La Birmanie est un pays qui compte officiellement 135 ethnies différentes (sans compter celles non reconnues officiellement), avec tout autant de langages associés. Le Birman, langue officielle, n'est pas parlée par tous, créant des freins dans l'enseignement.

Cependant, ces écoles jouent un rôle crucial. En plus d'offrir une éducation de base à la jeunesse Birmane, elle leur permet un accès à un semblant de normalité. 
Les risques liés au conflit sont omniprésents, les écoles sont souvent la cible des attaques armées.

Ces écoles informelles sont d'une importance cruciale pour l'avenir de nombreux enfants birmans, et, ce faisant, pour la stabilité future du pays. Ces écoles, malgré les défis auxquels elle doivent faire face, incarnent à la perfection la résilience et la détermination d'une communauté, offrant une lueur d'espoir dans un conflit armé qui s'éternise.
 
 

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     Lauréane Matéo

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