Plus de 300 professionnels de la petite enfance se sont rassemblés pour manifester ce jeudi 6 octobre devant la Préfecture de Bordeaux. Leur revendication : le retrait de l’arrêté autorisant à travailler en crèche sans diplôme ni expérience.
Manifestants devant la
Préfecture de Bordeaux © Crédit photo : Caroline Ansart Sud Ouest
Jeudi 6 octobre, plus de 10 000 professionnels de la petite enfance ont manifesté dans les grandes villes françaises. A 10h, ils étaient plus de 300 devant la Préfecture de Bordeaux. Auxiliaires de puériculture et Educateurs de Jeunes Enfants, ils ont tous répondu présents à l’appel à la grève du collectif « Pas de bébé à la consigne » lancé le 5 septembre dernier. En cause principalement, l’arrêté du 29 juillet 2022 relatif aux professionnels autorisés à exercer dans les modes d’accueil du jeune enfant.
Cet arrêté autorise « à titre
exceptionnel » les personnes sans qualification à travailler au sein des crèches. Le nombre de ces
professionnels ne doit pas dépasser 15% de l’effectif moyen annuel. Le
gouvernement souhaite ainsi faire face à la pénurie de professionnels qui
touche actuellement le secteur de l’éducation.
Une pancarte à la main, Pauline L.,
directrice de crèche depuis 10 ans explique « Pendant 3 ans, on a suivi une
formation de 2500 heures de cours et de stage. Travailler auprès des jeunes
enfants n’est pas inné, ce métier s’apprend ! ». Dans la foule, des
parents avec leurs enfants se sont joints à la cause. Nicolas explique «
lorsqu’on me demande si je confierai mon enfant à un professionnel sans
formation, je réponds « Est-ce que vous, vous iriez vous faire opérer chez
un chirurgien non qualifié ? » ! »
Une délégation a été reçue à la Préfecture
1h30 plus tard, comme dans la plupart des autres villes où se tenait une
manifestation. Les revendications vont être remontées au Ministère de
l’intérieur.
Une manifestante ©
Crédit photo : Progrès/Michel Nielly
Le collectif « Pas de bébé à la
consigne » et les principaux syndicats (CFDT, FO, CGT) rappellent
aujourd’hui que cet arrêté va à l’encontre du Rapport de la Commission des 1000 premiers jours. Cette commission, présidée par B. Cyrulnik, a donné lieu à un
rapport remis au Président de la République le 8 septembre 2020. Ce rapport préconise 15 propositions pour améliorer la qualité d’accueil et s’attarde notamment sur
l’importance de la qualification des professionnels.
Ces revendications entrent dans le cadre plus
général de la réforme des modes d’accueil des structures petite enfance. Diminution du taux
d’encadrement des professionnels en crèche, réduction du nombre de m2 par
enfant, dépassement autorisé du nombre d’enfants accueillis.
Pour le gouvernement, cette réforme
résulte de l’augmentation du nombre de places en crèche en réponse aux besoins
de la population. Pour les professionnels, elle relance la question de la
qualité d’accueil dans les structures de la petite enfance.
Cécile C.